
Ce mardi 24 juin 2025, nous étions 17 pour visiter cette finca.
Les plus courageux sont partis tôt à pied de Soller: quatre sont passés par Fornalutx et quatre par Biniaraix. En route pour la dure montée vers la finca, c’est une heure et demi de marche
dans les superbes paysages de la vallée. Dans un souci de participation élargie à nos ainés, les suivants ont bénéficié d’un co-voiturage bienvenu.
Accueillis par Miquel Gual, nous avons commencé une visite très documentée et pédagogique de la propriété de trois hectares, située à 410 m d’altitude. Un climat plus tempéré l’été que dans la vallée mais qui peut être plus rude l’hiver, en particulier les années de neige. Une gestion de la finca soucieuse de la protection de l’environnement, par exemple autonome en eau avec l’eau de pluie.
Nous avons des explications sur les olives, les périodes où il est préférable de les cueillir selon que l’on demande de l’olive de table, à cueillir en premier, de l’huile ou de l’olive noire qui se cueille plutôt en février.
L’olivier est en repos l’été et l’olive ne murit pas. Quand les pluies reviennent l’olive va rendre de la chair et de l’huile sans bouger de taille.
L’olive de table trencada (brisée) développe une maturation rapide en un mois dans la saumure, alors que la sencera (entière) nécessite six mois de maturation.
On a longtemps pensé que l’olivier avait été amené de Catalogne au moment de la conquête, ou bien par les Arabes mais il semble d’après des recherches récentes que son ADN
est proche de l’olivier syrien, un des plus anciens. Il aurait été importé par les phéniciens ou les Grecs. Il a pour qualité de résister davantage à la chaleur et à la sécheresse, d’où l’intérêt
de préserver ce patrimoine avec les changements climatiques qui nous attendent. Ceci reprendrait d’ailleurs la sagesse d’autrefois qui conseillait de planter les oliviers pour la génération suivante. Alors qu’aujourd’hui sont privilégiées les variétés pouvant produire dès 3 ou 4 ans au plus.
En cheminant dans la propriété nous avons admiré différentes plantes, parfois utilisées dans la pharmacopée, mais souvent très dangereuses, différentes variétés de figuiers et autres
espèces, certaines endémiques.
Dans un petit ‘porxo’ une collection d’outils anciens servant aussi bien pour les cultures que pour la confection des terrasses et des murs en pierres sèches.
Un petit détour pour parler de la nature du terrain, lié à la complexité géologique des montagnes de Majorque. Nous terminons par les murs de pierres, les techniques de confection
des terrasses et des murs, la façon de les soutenir à l’intérieur, de tailler les pierres et de les positionner, la pointe en bas, de les placer selon leur taille, de telle façon que les murs ne
s’effondrent pas, en particulier avec les fortes pluies.
Un beau moment de partage, autour d’un buffet bien garni des produits de la finca, jus d’orange, de verveine, olives noires et vertes, amandes, pa amb oli, fromage, confiture de fruits
de servera (cormier ou sorbier domestique), tous les produits de cette riche terre de la vallée.
Une belle visite où nous avons beaucoup appris et un grand merci à nos hôtes pour la qualité de leur accueil.