Musée de Majorque

Le Musée de Majorque est situé dans le Casc Antic de Palma, Carrer de la Portella, à mi-chemin entre l’église Santa Eulalia, près de la mairie, et la muraille de la vieille ville qui longe la mer.

C’est un musée national dépendant du Ministère de la Culture, mais dont la gestion est confiée à l’administration autonome des Baléares.

Le Musée de Mallorca est également présent à Muro où se trouve la section ethnologie.

A Palma il est installé depuis 1976 dans un casal, palais seigneurial de l’aristocratie majorquine, après une première restauration. Une restructuration de l’ensemble de l’édifice a eu lieu entre 2008 et 2015, pour mieux accueillir le public et pour mieux présenter les oeuvres.

Le musée est connu populairement comme « Ca la Gran Cristiana ».

La raison tient au fait que le palais était la demeure de Catalina Zaforteza i de Togores durant une grande partie de sa vie au XIXème siècle et jusqu’à sa mort en 1912. Ce palais était la propriété de son époux, de la maison Aiamans, grande lignée aristocratique de l’ile, dont elle fut veuve précocément en 1868.

Descendante d’une des autres familles nobles installée depuis la conquête de Majorque, elle était surnommée « la Gran Cristiana ». Elle le devait à son caractère et sa générosité, mais aussi et surtout pour avoir soutenu la cause des prétendants carlistes au trône d’Espagne, mouvement très conservateur et d’un catholicisme intransigeant.

Le palais a été construit en 1634 en réunissant deux maisons gothiques. Elles-mêmes avaient été construites sur l’emplacement d’un atelier de céramique d’époque musulmane, dont on a retrouvé des vestiges dans le sous-sol, lors de fouilles durant la dernière réforme.

C’est au XVIIIème siècle que ce bâtiment prend toute sa splendeur, lorsque il appartient aux Aiamans.

Le musée conserve l’essentiel des éléments de cette époque. C’est ce qu’apprécie en premier lieu le visiteur, car il est désormais rare de pouvoir visiter une des anciennes demeures de la noblesse majorquine. S’il n’y a plus l’ameublement et la décoration qui en faisaient l’une des richesses, il reste l’ampleur et la majesté de l’architecture. Les deux cours n’accueillent plus d’équipages ou de chevaux mais offrent un contraste lumineux avec les rues étroites de la ville médiévale. Les grandes salons d’antan et leurs plafonds à caisson ou à moulures sont devenues l’écrin des expositions.

Les salles d’exposition permanentes couvrent une large part de l’évolution de la production artistique à Majorque depuis la conquête catalane de 1229.

Les rares et remarquables peintures, fresques, statues religieuses des 13ème et 14ème siècle introduisent cette perspective. En parcourant les salles du premier étage noble, le voyage se poursuit au travers des siècles et de des influences extérieures, renaissance puis baroque.

L’histoire artistique des XIXème et XXème siècle se trouve elle dans les salles du dernier niveau qui offrent aussi une vue sur les toits de Palma et sur la rosace de la cathédrale. Là aussi les courants artistiques modernes sont représentés dans l’oeuvre des artistes locaux ou la production de la fabrique de la Roqueta.

Chacun peut donc trouver dans ce musée un centre d’intérêt personnel.

Découvrir des trésors que l’on trouvait autrefois dans les églises, aujourd’hui fermées ou spoliées.

Admirer des céramiques qu’elles soient médiévales ou modernistes.

Revoir la palette de Antoni Ribas, de Ricard Anckerman ou de Antoni Fuster Fortesa, peintres naturalistes émules de Santiago Rusińol et de Sorolla.

Au moment de cette visite, deux expositions temporaires illustrent chacune une époque marquante de l’histoire de Majorque. L’une rend hommage à Antoni Maura i Muntaner, grand homme d’état né à Palma, président du gouvernement espagnol à plusieurs reprises entre 1903 et 1922.

La seconde relate la relation entre Joan Miró et la galerie Pelaires, première galerie d’art contemporain de Majorque. En l’appuyant grâce à sa notoriété internationale, le peintre soutient ses premières années après son ouverture en 1969, alors que le carcan culturel du franquisme commence seulement à s’effriter. C’est le début de la « movida ».

L’entrée a un prix modique (2,40€) et elle est même gratuite pour les retraités.

A l’écart des sites obligatoires des touristes pressés, ce musée de « province » est un lieu qu’il faut fréquenter.

Retour à toutes les réalisations